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La Langue d'Anna (théâtre) et Bellissima (cinéma)
QUAND?Du 08/10/2009 au 08/10/2009 - 18h30
OU?Le Palace ( place Jules Mansart 17, 7100 La Louvière )
Une rencontre théâtrale et cinématographique avec la mythique actrice italienne Anna Magnani
Elle a approché Fellini, fait perdre la tête à Rosselini, Pasolini et bien d’autres. Muse du panthéon des réalisateurs italiens, Anna Magnani fut l’une des plus grandes actrices du XXe siècle, perle noire illuminant de sa sensualité magique cinq chefs-d’œuvre : Rome, ville ouverte, Bellissima, La Voix humaine, La Rose tatouée et Mamma Roma.
 
La langue d'Anna
théâtre
Guy Naigeon, directeur d’acteurs fasciné par la dimension mythique de cette femme et comédienne, ressent l’impérieux besoin de parler de la Magnani. Aucun texte n’existe. Niente. Il faut donc écrire pour elle. Il pense à une comédienne pour l’évoquer, une qui en a la trempe : Anna ne peut qu’être Andrée Benchétrit, au timbre de voix sombre et nacré. Celle-ci pense à un écrivain-poète capable de redonner vie à un secret de femme : Bernard Noël possède cette écriture du vécu pouvant remplir l’espace sacré, le vide laissé par Anna Magnani.
De cette Langue d’Anna, naît une voix pour dire la passion, celle d’un métier, de la vie, dans un hymne poétique violent et un émouvant hommage rendu à cette sublime pasionaria.
Elle parle. Elle jette sa vie sur sa langue. Elle a toujours voulu tout et tout de suite. Elle est une comédienne célèbre. Elle a beaucoup parlé avec les mots des autres. Elle n’avait pas le temps de sa propre vie, mais voilà que son corps l’a rattrapée, l’a même doublée. Elle met du passé dans ce présent trop mortel. Elle appelle ses amis : Fellini, Pasolini, Visconti. Elle sait qu’il est trop tard. Elle ne s’y résigne pas. Elle ne s’est jamais résignée.
 
texte de Bernard Noël - direction d’acteurs : Guy Naigeon - mise en scène et jeu : Andrée Benchétrit
 
 
la presse
Elle a approché Fellini, fait perdre la tête à Rossellini, Pasolini et bien d'autres. Elle trouve dans la vigueur de ses souvenirs la force de faire participer le crabe qui chaque jour la détruit un peu plus. Son flot de paroles oscille entre colère, humour et tendresse. Progressivement, un portrait visuel cruel et grinçant émerge de ce long monologue. Puis, sous la carapace percent les faiblesses, les remises en cause et les échecs. Enfin, presque soudainement, la mort pénètre et anime ce huis clos infernal. Son ardeur donne un accent presque pathétique à ce récit dont la violence et la cruauté de l'écriture font tourner la tête.
LE FIGARO
 
Le spectacle sera suivi de la  projection du film de Luchino Visconti
Bellissima (1951)
Le metteur en scène Blasetti, qui cherche une petite fille pour son prochain film, organise un concours. Toutes les mères de Rome traînent leurs filles à Cinecittà. Maddalena, une femme du peuple, est prête à tout pour que sa fille réussisse. Dans les studios, elle rencontre un escroc qui prétend la pistonner.
Avec Bellissima, l'un des fondateurs du néoréalisme approfondit sa réflexion sur la société italienne et surtout sur l'usine à rêves : le cinéma. Il dénonce le « miroir aux alouettes » et un des principes du néoréalisme qui apporte la gloire à une inconnue pour l'oublier aussitôt. La Magnani porte le film à bout de bras dans le rôle d'une mère étouffante qui voit enfin la possibilité de vivre ses rêves grâce à sa fille. Exceptionnellement, Visconti a laissé son actrice improviser complètement et, en mère blessée par les rires dont sa fille est victime, elle atteint le tragique.