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Ubu roi - théâtre scolaire
QUAND?Du 26/10/2009 au 28/10/2009
OU?Salle Baudouin IV ( rue Rey Aîné, 7090 Braine-le-Comte )
Planqué derrière son mur de sacs de sable, le Père Ubu se fait canonner par les armées du tsar. Bientôt, il sera vaincu, viré, lâché par ses derniers soutiens. Fin d’une dictature. Et début d’une nouvelle carrière pour ce despote à la petite semaine qu’on retrouve sur grand écran, serrant la main à tous les grands de ce monde dans un exil doré et déambulatoire.
Toute ressemblance avec des personnages ou des situations existantes est totalement volontaire et l’Ubu roi de la compagnie Arcinolether en est truffé. Ce n’est pas la pièce qui nous intéressait en tant que telle, explique le metteur en scène Christophe Cotteret. Ce que nous voulions, à travers celle-ci, c’est parler de ces tyrans qui surgissent ça et là et qui s’en sortent toujours d’une manière ou d’une autre.
Véritable décalque de Pinochet, Olivier Rosman est formidable dans le rôle de Père Ubu. Sanglé dans son uniforme d’opérette, il se croit maître du monde alors que la mère Ubu (excellente Léa Rogliano) le mène par le bout du nez. A leurs côtés, François Kah est un Bordure tortueux à souhait, endossant également divers seconds rôles avec Maria Harfouche, pleine d’énergie du début à la fin.
Dès l’entame, Ubu et les siens sont réfugiés dans une sorte de bunker, petite bande de malfrats se serrant les coudes par opportunisme pour prendre le pouvoir. Certains personnages n’apparaissent que par le biais de projections sur grand écran. Le Roi de Pologne a le visage du général Jaruzelski, le tsar de Russie n’est autre que Staline et bien d’autres grands de ce monde, de Chirac à Poutine en passant par Bush et Berlusconi, font involontairement partie du casting.
Car au-delà des tyrans purs et durs, cet Ubu roi établit aussi des parallèles criants de vérité avec certains populistes actuels, habiles manipulateurs du grand cirque médiatique.
A cet égard, la deuxième partie, durant laquelle Ubu va à la rencontre du peuple, lançant de grandes réformes, avant de faire tomber les têtes des magistrats et des grands de la finance, est un régal, rappelant les six premiers mois de règne d’un certain président hyperactif. Le public est convié à participer à cette seconde partie et, pour une fois, c’est pleinement justifié. Car cet Ubu-là nous rappelle plus que jamais que c’est de nous et de notre existence qu’il est question ici.
 
Jean-Marie Wynants, Le Soir
 
Teprésentations le lundi 26 à 14h00, le mardi 27 à 10h00 et 14h00 et le mercredi 28 à 10h00