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ARTour 2017
Bois-du-Luc

Art Orienté Objet. Marion Laval-Jeantet & Benoît Mangin


Marion Laval-Jeantet, artiste, et Benoît Mangin, metteur en œuvre, placent l’écologie au cœur de leur démarche artistique. Depuis 1991, ils travaillent la question du Vivant au travers d'installations, de performances, de vidéos et de photographies. Alliant la biologie, les sciences du comportement, l'éthologie ou l'ethnologie à leur univers formel, ils questionnent notre monde, ses structures, mécanismes et dérives dans des créations autant politiques que visionnaires.
Pour la biennale ARTour, Bois-du-Luc ouvre ses portes à ce duo parisien pour faire éclore une réflexion collective et durable sur l’après Tchernobyl, sur notre relation à l’animal, notre futur technologique, nos modes de production et de consommation.
Le souci écologique d’Art Orienté objet les mènent à user de la collecte et du recyclage comme autant de pierres angulaires à l’édification d’une Babel interpellante où le caractère artisanal des œuvres est revendiqué. De l’os à la plume en passant par la collection de clichés d’oiseaux morts, symboliquement réincarnés par l’aura d’œuvres en néon, les plasticiens conjuguent une actualité souvent dérangeante et des modes de production lowtech.
Leurs travaux dans le domaine des biotechnologies les ont rattachés au mouvement Art Bio-tech questionnant nos conditions d’existence à la frontière des arts et de la science. En 2011, la performance « Que le cheval vive en moi » les posent à l’avant-garde de la scène artistique internationale. Le parti pris radical de s’injecter du sang animal pour renverser le paradigme du cobaye de laboratoire et faire, à l’inverse, du corps de la performeuse le calice de l’ADN d’espèces menacées résume à lui seul leur vocation de veilleurs du monde et d’un engagement militant porté depuis plus de 25 ans.



 

Digitale (re)collection

Stephan Balleux (Be) / Julien Deswaef (Be) / Thomas Israël (Be) / Albertine Meunier (Fr) / Institut de recherche Numediart (Be) /  Jacques Urbanska (Be) & Franck Soudan (Fr) / François Zajega (Be) / Fabien Zocco (Fr) 

Transcultures, Centre des cultures numériques et sonores, propose une exposition à l’intersection de la thématique « l’artiste collectionneur » et des arts, pratiques et cultures numériques d’aujourd’hui.

De manière générale, on peut considérer le Web comme une immense collection hautement hétérogène et évolutive de données et de flux générés par la cybersphère. Nos recherches personnelles nous plongent dans des labyrinthes de data, traçant des sortes de collections hypertextuelles éphémères, dont l’ensemble constituerait un nouveau « musée imaginaire » en constante métamorphose, une « re-collection digitale » (collection/reconstruction mais aussi mémoire en mouvement de celle-ci).

Si les artistes du numérique et du réseau privilégient plus souvent la relation, l’interaction que l’objet « fétichisé » (comme le fait le marché de l’art contemporain), ils mettent en œuvre des dispositifs susceptibles de générer des séries d’images, de sons, de textes… de contenus multimédias qui peuvent aussi se rapporter à l’idée – élargie et actualisée – de la collection. Dans cette accumulation endémique de données (jusqu’aux Big Data), il s’agit de faire le tri, mais aussi de faire du lien avec d’autres, renvoyant à une « auto générativité » sérielle, à une hypertextualisation des contenus devenus artistiques ou encore à des « banques de données », elles aussi potentielles sources d’œuvres d’un genre nouveau.

La sélection d’œuvres proposées par Philippe Franck (directeur de Transcultures, directeur artistique des festivals internationaux Transnumériques et City Sonic) et Jacques Urbanska (chargé de projets arts numériques/réseau Transcultures) au Musée de la Mine et du Développement Durable à Bois-Du-Luc présente différentes œuvres d’artistes belges et internationaux à caractère ludique, critique ou/et poétique. Il s’agit de dispositifs légers connectés, génératifs, participatifs, interactifs ou encore d’artefacts numérisés qui chacun mettent en scène une re-création de « collections » iconiques, textuelles, multimédiatiques. Ces œuvres (dont plusieurs ont été soutenues par Transcultures) interrogent chacune à leur manière la question de la collection, le statut artistique (ou pas) et la dimension sociétale de ces données récoltées sur le réseau ou via la participation des visiteurs.

Les propositions ici retenues s’inséreront harmonieusement dans trois espaces intérieurs du site de Bois-du-Luc pendant la biennale ARTour, faisant également le lien entre un lieu de mémoire du travail industriel et la culture de notre ère (post) numérique.


Thomas Israël (Be)

thomasisrael.be

Artiste multimédiatique basé à Bruxelles, Thomas Israël propose des installations et des performances vidéo qui sont autant d’œuvres immersives et interactives. Lui-même issu des arts de la scène, son approche atypique des arts numériques tourne autour des thématiques du corps, du temps et de l’inconscient. Son travail a été montré au à la Société des Arts technologiques à Montréal, MoMA de New York, au musée des Abattoirs de Toulouse, chez Transcultures et dans de nombreux festivals, foires, galeries et musées dans le monde depuis 2005. Il est représenté par la galerie Charlot (Paris). Une première monographie Memento Body coordonnée par Philippe Franck lui a été consacré à la Lettre volée en 2015.


There is no spoon

Avec cette grande « casserole Identitaire », Thomas Israël insère le portrait individuel dans un portrait plus large, celui d’une communauté vivant la même expérience. Ainsi, le portrait filmé du visiteur curieux va se mélanger à d’autres visages. Il est placé dans un groupe, dans une œuvre plus large que celle de sa simple expérience. En s’amusant, le visiteur enrichit de son visage le corpus constitué par le dispositif, pour composer un groupe virtuel et multiculturel, une grande « soupe identitaire » ludique.

 

Institut de recherche Numediart (Be)

numediart.org

L’institut Numediart pour les Technologies des Arts Numériques a été créé en 2010 en prolongement du programme d’excellence Numediart financé par la Région wallonne. Il est le fruit de nombreuses années de préparation qui ont permis à l’UMONS d’acquérir une expertise reconnue au niveau international dans le domaine du traitement du son, de l’image, de la vidéo, des gestes et des bio-signaux pour les applications où l’interaction homme-machine vise à faire naître l’émotion. L’Institut a pour mission d’assurer des activités de formation et de recherche dans le domaine des technologies des arts numériques et de contribuer à la valorisation et à la création de nouvelles activités dans le secteur des industries créatives.

Me, Myself and Art

L’utilisateur est invité à prendre une photo de lui. Un écran tactile lui permet de choisir une œuvre (de type peinture) dont les styles (expressionnisme, cubisme, abstraction,…) sont relativement différents. Ce style est ensuite appliqué sur la photo prise quelques secondes auparavant. L’utilisateur peut ensuite choisir d’imprimer le résultat et de repartir avec son œuvre d’art personnalisée.



Fabien Zocco (Fr)

fabienzocco.net

«Fabien Zocco explore le potentiel plastique de la dématérialisation informatique, des applications et autres logiciels. Jouant des infinies possibilités offertes par le réseau digital, il reprend les icônes de la culture populaire numérique et l’esthétique virtuelle, pour créer des architectures, des formes ou des récits futuristes. Non sans une pointe de dérision, il interroge notre rapport aux nouvelles technologies qui ont envahi notre quotidien et sonde notre rapport au virtuel.» (Sonia Recasens)

 

L’Entreprise de déconstruction théotechnique 

L'installation organise une collision entre l’Ancien Testament et un agencement machinique qui en érode le sens. La première altération consiste à introduire le texte biblique dans une succession d’algorithmes informatiques. Le texte est ainsi parasité par des contraintes aléatoires qui en déforment le sens. Cela donne lieu à des formules telles “Like someone laughing in the eyes of his sons-in-law”, “I’m going to fructify you a lot”, etc. Ces modifications ont des effets ambivalents.


 

François Zajega (Be)

frankiezafe.org

Gradué en Arts plastiques de l’Institut Supérieur St-Luc à Bruxelles, plasticien et artiste numérique, François Zajéga est aussi diplômé en dessin et en recherche plastique de l’Académie de Saint Gilles. Après diverses expériences professionnelles, François Zajéga a été développeur d’applications chez Numediart (UMons) et enseigne aujourd’hui en arts numériques à l’école d’arts visuels de Mons Arts2. Il est aujourd’hui assistant dans la section arts numériques à Arts², l’école supérieure des arts visuels de Mons. Par ailleurs il participe depuis quelques années à de nombreuses expositions collectives et personnelles d’installations interactives et de sculpture. Dans son travail artistique actuel, il mélange le dessin classique, technique du monotype principalement, à de la programmation. Ses oeuvres sont des expériences picturales et procédurales qui mettent à mal les frontières de deux mondes habituellement considérés comme antinomiques. Son intérêt pour l’open-source, tant techniquement que philosophiquement, l’a amené à collaborer régulièrement avec Constant VZW.


Genealogy

Genealogy est une installation d’art génératif. Elle présente simultanément la création et l’évolution d’un monde abstrait et le processus de création d’une image. Une fois lancé, le système fonctionne de manière autonome. En son sein grandissent des civilisations primitives, représentées schématiquement. Cet univers est constitué de petites entités logiques et graphiques simples qui produisent grâce à leur répétition temporelle et spatiale un ensemble complexe.


Julien Deswaef (Be)

xuv.be 

Julien Deswaef est un programmeur, créateur visuel/multimédiatique. Actif tant dans l'art visuel que dans le codage, il a la capacité de transformer les «idées plastiques» en réalités numériques. Il collabore régulièrement avec des artistes musicaux, plastiques et numériques. Engagé dans les logiciels libres et libres comme un principe éthique, fournit pertinemment la connexion entre les arts visuels, le monde des images contemporaines et les aspects les plus avancés de la recherche numérique. Word Wars est une série de vidéos générées par le filtrage des nouvelles du New York Times basées sur des mots-clés liées à la guerre. Elles sont représentées dans un court clip vidéo imitant l’ouverture du célèbre film Star Wars. Tout est généré quotidiennement et automatiquement à l'aide de logiciels libres et open source et publié sur la chaîne dédiée Youtube (bit.ly/word-wars). Le processus complet est complété et une vidéo publiée si au moins une des nouvelles du fil RSS du NYT mentionne la «guerre» ou un sujet connexe.


Le soir edité (autobot)

twitter.com/lesoir_diff

Il s’agit de capturer les changements et corrections de la une du journal Le Soir et les republier automatiquement sur Twitter.
« Ce qui m’a toujours intéressé avec l’information numérisée, c’est la possibilité de ré-écriture. Publier à un moment donné une information et légèrement ou carrément la modifier par après, c’est tellement simple et à la fois pas du tout anodin… » (J. Deswaef)


Albertine Meunier (Fr)

albertinemeunier.net

Albertine connaît bien le fonctionnement d’Internet, car elle mène une double vie : dans le civil, sous un autre nom, elle travaille comme ingénieur dans un groupe télécom. (…) Albertine s’amuse à exposer le fonctionnement de Google depuis des années, de diverses façons. En 2011, elle publia un livre intitulé My Google Search History, qui reproduit la liste intégrale de ses propres recherches sur Google depuis novembre 2006 : « A première vue, c’est illisible, une liste brute de 160 pages de mots-clés, mais en fait, c’est très instructif. La somme de mon historique Google raconte en détail ma vie publique et intime, dans l’ordre chronologique. Elle me caractérise de façon complète et précise. ». Google autorise en effet à consulter son historique de recherche, qui contient une liste impressionnante de données de navigation. Il permet aussi de les effacer, plus exactement de les dissocier d’une adresse Gmail – tout en se réservant le droit de les « stocker séparément », afin d’améliorer la qualité du service. Mais l’exportation de cette liste dans un format exploitable est difficile : « Au début, je faisais du copier-coller, c’était long et fastidieux. Puis j’ai demandé à un ami développeur de me créer une moulinette, qui extrait la liste automatiquement. ». Afin que tout le monde puisse en faire autant, elle a mis son logiciel d’extraction en accès libre sur Internet : « J’en parle autour de moi, mais la plupart des gens refusent de le faire, ils ont peur de ce qu’ils vont découvrir sur eux-mêmes. On se retrouve face à un autoportrait très intime, potentiellement dérangeant. » (Albertine Meunier, une artiste dadaïste qui taquine Google-Le Monde 15 dec 2014)

art contemporain et patrimoine

My google research 

De plus en plus, nos vies distillées sur les réseaux numériques, laissent des traces. Chaque moment passé sur internet est guidé par des sites d’information mais surtout par des moteurs de recherches et laisse sur le réseau internet une petite trace invisible, comme un geste inutile.Jour après jour, notre pratique se répète, les mêmes gestes, les mêmes réflexes, les mêmes habitudes. De ces répétitions un sillon invisible se creuse qui trace le chemin numérique de chacun. Et l’on se voit à penser : Depuis qu’internet existe combien de temps passé devant le halo de nos écrans ? Combien de fois la page d’accueil Google s’est affichée ? De cette page Google quasi immuable depuis des années combien de recherches faites ? Difficile à quantifier à l’échelle humaine tous ces octets avalés.

Pourtant certains acteurs du Net, comme Google, ont compris très vite la valeur de ce chemin personnel que chacun fait sur le réseau. Très vite, ils ont compris que la totalité des recherches faites sur leur moteur parlait de nous tous mais aussi de chacun. En 2006, Google lance le service My Google Search History et stocke les recherches des internautes. Et depuis ce tout premier jour, Albertine Meunier compile jour après jour ses propres recherches et les donne à voir au public. Plus de trois années se sont déjà écoulées et déjà l’ensemble des recherches d’Albertine mises bout à bout raconte une histoire, la sienne mais aussi celle du réseau. Mode opératoire Google Search History
Google moteur de recherche bien connu permet depuis peu d’archiver, de gérer ses propres recherches faites sur le moteur de recherche Google, de la simple recherche à la recherche sur Google Maps ou Google video, mais aussi à un clic fait sur un lien sponsorisé.
Les recherches sont stockées uniquement lorsque vous êtes connecté à votre compte Google, ce qui est notamment le cas lorsque vous consultez les mails Gmail.


Avec ou sans farine - L'œuvre d'art à l'époque de sa reproductibilité numérique

Notre monde moderne, hyper numérique, nous enveloppe et nous dissout à petit feu dans un écran lumineux, halo quasi mystique. 
Et si être connecté(e) au numérique était simplement une affaire d'au delà organisé, une affaire d'étrangeté, avec des anges numériques qui se promènent sur les réseaux. Reproduit avec les outils du numérique, un ange en céramique, unique, est successivement "copier" puis "coller" (avec ou sans farine): passé au scanner 3d puis à l'imprimante 3D pour créer un ange "reproduit" -et ce de proche en proche. Ensuite remoulé, il se multiplie pour finir en plâtre, en céramique et en résine. 
Il se déforme et devient monstre de ses défauts numériques; il s'ajoute de l'inconnu, se marque de défauts et devient étrange de tous ses bugs de forme. 
A l'ère du copier coller et de la reproduction infinie, la farine n'arrange rien !


Les Dessous de L.H.O.

Les Dessous de L.H.O. ou l'incontestable manque de culture de Google pour l'art!
Dans la pièce artistique Les Dessous de L.H.O., Albertine Meunier prend la main sur le petit encart "sémantique" proposé lors d'une recherche Google.
A travers un geste artistique, elle décide que L.H.O.O.Q. de Marcel Duchamp est de la période Net Art et non telle que l'histoire de l'art le décrit de la période Dada.
Elle produit ainsi une sorte de Ready Made Hack sur une pièce qui elle-même est un Ready made.
En effet, dans le détournement d'origine Marcel Duchamp ajoute des moustaches à La Joconde et transforme d'un simple geste l'oeuvre originale de Léonard de Vinci. A son tour, Albertine appose la mention Net Art aux réponses données par Google pour l'oeuvre L.H.O.O.Q. de Marcel Duchamp en parvenant à modifier l'information directement dans le Knowledge Graph de Google.


Stephan Balleux (Be)

stephan-balleux.com

Stephan Balleux est un artiste belge qui vit et travaille à Bruxelles. Artiste pluridisciplinaire mêlant dessin, peinture, sculpture et multimédia, il questionne le statut de l’image, de la peinture, de la réalité, des limites de la représentation et de la perception, ouvre les portes d’un monde foisonnant où l'image "l'une des formes les plus fondamentales de l'être humain" demeure une énigme. Pour l'artiste, elle est un "champ de recherche et d'action" par lequel s'installe une dialectique entre représentation et réel.


Franky #3

Ensemble de trois aquarelles et un écran, animation 1min59 sec, 43 x 35, 5 cm x 4, 2007. Collection privée : Kristof Claes

« L’impossibilité de fixer les êtres et leur identité, mais qui s’étend ici également à la matière même, qui est sans aucun doute une des bases du travail de Stephan Balleux. Ce trouble s’exprime principalement à travers l’idée de flou, en tant que traitement mais aussi en termes de réception : « Aucune image n’échappe au flou, aucun son, à la dispersion. Le réel lui-même est tissu de vague. Car le flou ne cesse de questionner notre perception et notre représentation du monde et de les relancer, comme s’il recelait ou énonçait une promesse de netteté, de connaissance, de beauté, d’un au-delà du trouble? Le flou est un passage obligé dans notre rapport au monde et aux oeuvres ». Trouble identitaire, de la matière au travers de ces déterritorialisations et de ses travestissements, mais aussi de l’artiste qui se remet en question. En effet, au-delà de la nature diversifiée et troublante des oeuvres proposées, le travail de Stephan Balleux frappe très vite par sa cohérence ainsi que par la pertinence de ses questionnements. Il s’agit pour lui de s’interroger, à l’ère digitale et virtuelle, sur l’identité et la place de la peinture. »

Extrait du texte de Dominique Païni, La peinture et son double (Musée d’Ixelles- 2014)


Jacques Urbanska (Be) & Franck Soudan (Fr)

jacques-urbanska.be - francksoudan.fr

Acteur et metteur en scène de formation (Conservatoire Royal de Liège), Jacques Urbanska s’oriente très vite vers la performance multimédia et les arts dits numériques. Depuis 2010, il a également mis en place un très grand réseau d’information sur le champs Arts + Science, technologie, recherche, innovation. Tout en continuant ses projets en tant qu’artiste, il est consultant pour diverses structures publiques et privées et chargé de mission arts numériques et réseaux chez Transcultures.

Franck Soudan est artiste-programmeur et chercheur dans le domaine des arts et des humanités numériques. Rattaché au département Communication/Hypermédia de l’Université de Savoie, ses travaux portent sur les enjeux esthétiques et politiques des logiciels, les algorithmes et leurs conséquences conceptuelles. Ses différents projets engageat une relation critique vis-à-vis de la société de l’information, des algorithmes et du réseau Internet.

 

The Gif Connoisseur bot (tribute)

thegifconnoisseur.tumblr.com

The Gif Connoisseur est un blog Tumblr, qui propose une collection de gifs animés qui représentent tous un personnage dans un costume gris vu de dos. Ce personnage est issus de la peinture de Norman Rockwell intitulée Connoisseur dans laquelle ce dernier semble regarde un tableau de Pollock.

Le créateur du blog The Gif Connoisseur recherche des gifs animés partout sur le Web, il sélectionne ceux qu'il trouve les meilleur, les édite pour y rajouter le personnage Connoisseur et les poste sur son blog.

Jacques Urbanska, ayant plusieurs projets autour des gifs animés, s'est amusé avec la complicité de Franck Soudan à automatiser le processus. Un logiciel spécialement conçu pour rechercher des gifs animé, parcourt le Web et certains sites spécialement choisis. Il repère ceux qui répondent à certains critères spécifiques et les affiches automatiquement devant le personnage du Connoisseur.


Léonard Grosfilley

À la base, tout part de la même matière.
Une matière artificielle qui s’inscrit de façon naturelle dans le terrain urbain.
Elle est constituée de peinture séchée, accrochée à un mur sur lequel les allées et venues de graffeurs ont tissé un épiderme, comme la mousse sur une écorce.
Couche après couche, elle s’accumule, couleur après couleur comme les stalagmites grandissent goutte après goutte.
Elles viennent s’ajouter l’une après l’autre, se superposer comme autant de témoignages de vies. Chacune d’entre elles est une page et chaque page s’ajoute au fil du temps pour créer un livre invisible dont la première de couverture masque l’épaisseur et la richesse de ses écrits.
En creusant cette matière, en feuilletant ce livre de couleurs, l’histoire d’anonymes se dévoile strate après strate comme les couches terrestres racontent des époques, décrivent des périodes, rapportent des événements survenus alors et dont il ne reste que des résidus à la valeur insoupçonnée.

Le «Caillou» est composé d’un assemblage de peinture séchée, arrachée directement d’un mur de graffiti.
La peinture récoltée se présente sous forme d’écailles ou de plaques qui seront empilées et collées.
La masse obtenue sera alors érodée grâce à des outils tranchants ou abrasifs.
Au fur et à mesure que la peinture est usée, les couleurs des couches inférieures qui étaient invisibles sous la surface de peinture supérieure apparaissent aléatoirement.
En s’érodant «Le Caillou» révèle les phases où les graffeurs sont intervenus sur le mur, s’annulant les uns après les autres, devenant à chaque fois la surface qui accueillera le suivant.
On entre dans l’histoire du mur.
Lors de la création de la forme finale des «Cailloux», le travail de la matière génère une multitude de morceaux d’aspects, de formes et de tailles variables.
Après les avoirs rassemblés et triés selon leurs tailles, ils sont disposés sur une table d’observation munie de loupes.
Le tri et catégorisation selon leurs critères physiques de ces fragments constituent une bibliothèque de couleur et de forme sans cesse renouvelée.

Léonard Grosfilley. Caillou, socle en bois, peinture séchée, lampe, loupe, 2013

Léonard Grosfilley. Fragment.

Léonard Grosfilley. Caillou, socle en bois, peinture séchée, lampe, loupe, 2013

Jiacinto Branducci

Jiacinto Branducci n’est pas un artiste collectionneur. Il préfère rester attentif aux collections compulsées par les autres. Pas les siennes donc, mais celles de collectionneurs qui prennent du plaisir à tourner les pages d’un album de vignettes, à admirer les murs d’une salle d’attente couverts de reproductions ou à ouvrir les portes des réserves muséales. Le jeune plasticien y voit avant tout des rassemblements d’objets, des séries d’artefacts amoncelés, accumulés. Sans vouloir aborder les questions patrimoniales, intellectuelles ou sociologiques liées à ce processus, l’artiste préfère révéler son caractère formel.



Pas de classement, pas de lecture historique : son désir est de collecter pour appuyer une valeur graphique, voire esthétique. L’intérêt nous apparaît donc par le biais des formes que prennent ces collections. Jiacinto Branducci aime glaner des éléments du quotidien pour les intégrer dans ses créations plastiques et révéler la valeur créative intrinsèque à toute chose. C’est ainsi que les archives du site minier du Bois-du-Luc deviennent ornementales, une manière de permettre aux usagers d’accéder à leur lecture. Pas besoin d’être archiviste ou historien pour pouvoir les déchiffrer. Jiacinto Branducci se veut « passeur » entre une population, un site patrimoine mondial, et son contexte, son histoire. C’est la raison pour laquelle le plan urbanistique de la cité d’habitations voisine, lui-même dessiné en séries, devient le nouveau réceptacle d’un lot d’archives conservé pour ses valeurs graphiques. La collection change alors de statut et devient le motif d’un intérieur familier, plus lisible par ceux qui créent ce patrimoine.