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ARTour 2015
Centre Daily-Bul & Co

Roland Breucker. Travail au noir

Roland Breucker est un illustrateur assez particulier. Quand il travaille au départ de textes d’écrivains, son dessin ne vient jamais commenter ou nommer dans le langage plastique tel ou tel aspect du contenu de l’œuvre littéraire choisie (il a trop de respect pour celle-ci). Son dessin est plutôt l’écho de ce que la littérature n’a cessé de susciter chez lui. On peut donc considérer sa démarche comme la mise en page de véritables duos proposés au lecteur, invité à passer continuellement du texte à l’image et de l’image au texte. Ce faisant il en vient à mettre en lumière nombre de potentialités que recèlent aussi bien l’œuvre
littéraire que plastique.

Roland Breucker a publié nombre de ses livres aux éditions du Daily-Bul et le centre accueille ses œuvres et ses archives. L’exposition se concentre sur deux œuvres : Travail au Noir avec les originaux, les différentes éditions, des dédicaces et quelques archives. Ainsi que deux œuvres de la série Affichons-nous de tout présentées chacune dans deux versions : le prototype et le tirage grand format. 

Roland Breucker, Travail au noir, impression numérique, 160x117 cm.

Travail au Noir est une œuvre particulière, elle aussi, au sein de la production de Roland Breucker puisqu’ici il forme un duo à lui tout seul, étant à la fois auteur des textes et des gouaches. C’est donc avec les facettes de lui-même qu’il joue. Il nous avait déjà donné à voir qu’il appréciait cela, ponctuant ses dessins (les dessins qui ne venaient pas en écho de textes littéraires) de l’un ou l’autre échange assez vif, de commentaires joyeusement impertinents ou de sentences implacables. Dédicacé à Marguerite Yourcenar, Travail au noir joue sur les mots et sur les images. Travail au noir ne peut être réalisé que sur fond de même couleur. Travail au noir ne peut se nourrir que d’un humour de la même trempe. Travail au noir, ce ne sont jamais que quelques-uns des travers d’une humanité plus que paradoxale. Travail au noir, ce sont autant de métiers propices à la chose : l’australopithèque, le nénuphar, le pyjama, le con pétant, le pisse-vinaigre, le garde-fou, l’éclair au chocolat, le chien de manchon, la danseuse à poil, le ministre de l’intérieur, le culbuteur, l’écœurant. Autant de personnages-situations et d’objets-évocations propices à une double poétique, celle des mots, celle des images.

Pour la série intitulée Affichons-nous de tout, Roland Breucker s’est amusé à concevoir et à réaliser de grandes affiches pour des causes qui n’existent pas comme cette Campagne pour l’exploitation de la pauvreté active ou celle en soutien aux tapineuses de voierie et de lupanars qui luttent contre le travail en noir.
Images et textes sont ici les matériaux d’une poétique née du détournement, du jeu avec les mots, des rapports mots-images et du dés-usage des textures et des graphies.
Alain de Wasseige

Roland Breucker, Con pétant, gouache, 23x19 cm.

Centre Daily-Bul & Co, La Louvière

"Cobra voit le jour en 1948 ; André Blavier crée à Verviers en 1952, la revue Temps mêlés ; l’année suivante apparaît la revue Phantomas, dont Théodore Koenig est un des principaux animateurs. Le 11 décembre 1971, dans un important supplément intitulé La Belgique sauvage, un panorama est dressé de ce qui s’érige en refus de la culture officielle. Ainsi y est-il question du Daily-Bul, fondé par Pol Bury et André Balthazar en 1957. Le Daily-Bul (revue et éditions) qui a préservé au fil des années, un contre-pouvoir amusé et souvent sérieux dans la saga littéraire belge. Témoins et acteurs : Jacqueline et André Balthazar ont conservé précieusement, année après année, événement après événement, exposition après exposition, échange après échange, toutes les traces de ce passé rare. Cette équipée de mots et d’images, qui a sauté bien des frontières, a un noyau dur, un centre. Et ce centre, c’est précisément une ville qui a été porteuse de tant de talents singuliers : Achille Chavée, Pol Bury… André Balthazar et son épouse ont eu raison d’avoir « raison trop tôt », car les pouvoirs publics, plus de cinquante ans après le départ de cette précieuse aventure, se sont concentrés autour de ce projet, bien décidés à accueillir et à gérer ce fonds d’archives du Daily-Bul, désormais ancré au coeur de la ville, au 14, rue de la Loi (un joli nom pour d’anciens francs-tireurs!). Il était légitime que la ville de La Louvière offre à André Balthazar, fidèle à son oeuvre et à celle de tant d’amis, cette visibilité et ce rayonnement. A lui et à bien d’autres aussi. Au final, c’est elle qui en sera bénéficiaire."
(Dolorès Oscari)

Rue
 de la Loi 14

Situé au 14 rue de la Loi et remontant à 1895, cette maison de maître qui compte trois étages et possède un jardin dominé par un ginkgo biloba centenaire (arbre remarquable recensé par la Région wallonne), a été acquise par la Ville de La Louvière en 1979 (selon l’acte conservé aux Archives de la Ville), pour accueillir notamment le service des Finances. Alors qu’il avait été question de sa mise en vente, le bâtiment s’est vu affecté en 2009 à ce nouveau centre d’archives, une fois la décision prise par la ministre de la Culture de conserver la mémoire du Daily-Bul là où a pris corps la pensée Bul, à savoir La Louvière.

"Bâtiment datant environ de 1895, d'une contenance d'après cadastre de 10 ares 60 centiares, acquis en vue d'y installer dans un premier temps les services administratifs de la Régie foncière. Vendu consentie pour cause d'utilité publique (acte du 29 janvier 1979) par Marcelle Nicodème (née à La Louvière le 4 avril 1907), veuve de André Lambilliotte (décédé à La Louvière le 8 novembre 1972). Le bien appartenait à Léa Gilson, épouse de Bauduin Nicodème, suite à un achat de 1942 dont acte de cession passé devant le notaire Ghysen (Marchienne). Léa Gilson, veuve, est décédée le 4 décembre 1958. Sa succession est échue à Marcelle Nicodème, épouse de André Lambilliotte (ingénieur à Houdeng-Goegnies) et Andrée Nicodème. Le 14 rue de la Loi est attribué à Marcelle Nicodème (acte du notaire Jacquet du 5 juillet 1972)." (Source : Acte d'acquisition, 1979/Archives de la Ville de La Louvière, LLV/440)


informations pratiques

Centre Daily-Bul & Co
rue de la Loi 14 / 7100 La Louvière
+ 32 (0) 64 22 46 99
Entrée libre !
Ouvert du mardi au vendredi de 13h00 à 17h00, les samedis et dimanches de 14h00 à 18h00.