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ARTour 2015
Collégiale Saint-Vincent

De sainte Barbe imitons le courage.

Bernard Bay / Eirini Chatsatourian

Bernard Bay s’intéresse à l’homme, au travail, à l’industrie et au patrimoine, au social, à tous les aspects de la vie en société. Il est, tout à la fois, un homme sérieux et organisé, et un passionné qui transmet ses coups de cœur par la photographie. Qu’il pratique avec conviction.
La photographie documentaire - c’est d’elle, surtout, qu’il s’agira ici - a plusieurs visages, et bien des fonctions ! Si son rôle essentiel est de décrire, aussi objectivement que possible, son statut "documentaire" ne lui interdit pas de faire partie de la grande famille des "beaux-arts". Le photographe a ses goûts, sa personnalité, ses préoccupations quant au choix des sujets et à la forme. Des éléments qui ont toute leur importance. (…)

Bernard Bay, Sainte Barbe 1.

Bernard Bay, né à Boussu, au cœur du Borinage, est particulièrement fasciné par l’industrie minière, par les vestiges des bâtiments de charbonnages, par les mineurs eux-mêmes. Il dit d’ailleurs avoir fait sienne une phrase de George Orwell, dans The Road to Wigan Pear : « For, if there is one type of man to whom I do feel myself inferior, it is the coal miner… » (car, s’il est un type d’homme auprès duquel je me sens tout petit, c’est le mineur de charbon).
Il s’est donc attaché, depuis longtemps, à photographier les structures industrielles du sillon charbonnier, celui qui court du Nord de la France jusqu’à la Ruhr, en passant par le Borinage, La Louvière, Charleroi, Liège ainsi que les échappées vers Genk, Heusden-Zolder ou Winterslag. (…)

Bernard Bay, Sainte Barbe 2.

Parcourant l’Allemagne, la Pologne, la Tchéquie, la Slovaquie, la Hongrie, l’Ukraine, en Slovénie, en Croatie, bref, en Mitteleuropa et en Europe de l’Est, Bernard Bay poursuit donc son inventaire. Il s’émerveille de ses nouvelles découvertes, s’étonne des différences et des similitudes, s’interroge à propos des symboles rencontrés sur son passage, s’émeut de sa propre fascination pour les Sainte-Barbe, pour les marteaux et pics croisés, pour les monuments aux mineurs souvent naïfs – un mineur brandissant son marteau-pic ou exprimant un productivisme triomphant, rassurant… (…)

Bernard Bay, Sainte Barbe 3.

Sainte-Barbe appela la foudre pour punir son père qui la martyrisait et l’enfermait pour éviter sa conversion au catholicisme. Représentée avec une tour percée de trois fenêtres, elle est donc la patronne de ceux qui travaillent avec le feu ou les explosifs, ainsi que des prisonniers. Lorsque l’on vient de Pologne, catholique romaine, et que l’on entre en Ukraine, sous influence orthodoxe, Sainte-Barbe disparaît. On ne l’y vénère pas. Au contraire de ce qui se passait en Belgique, remarque Bernard Bay, où elle constituait un trait d’union entre mineurs, une sorte de lien entre les hommes, athées ou pratiquants. Il assure avoir vu, lors de la dernière Sainte-Barbe au Roton, à Farciennes, des musulmans lui porter des fleurs…
Georges Vercheval

Sainte Barbe
(Morte entre 235 et 313)
Diascorus, le père de Barbe, avait enfermé sa fille dans un palais muni d’une tour pour la soustraire aux harcèlements de ses multiples prétendants. Les sages philosophes et les poètes chenus qui la fréquentaient dans sa retraite lui firent comprendre l’inanité de la religion païenne. Valentinien, disciple d’Origène, l’initia au christianisme. Barbe fit vœu de virginité, dessina des croix sur les murs, fit percer une troisième fenêtre à sa tour en l’honneur de la Trinité (ou fit construire cette tour) et entreprit d’endoctriner son père.
Fou furieux, celui-ci voulut la tuer. D’abord sauvée par un ange mais bientôt rattrapée, elle subit une série de supplices épouvantables et, pour en finir, son père lui-même la décapita.
Sur-le-champ le géniteur indigne fut dévoré par le feu du ciel.
Le martyre de sainte Barbe a lieu à Héliopolis en Egypte, ou bien à Antioche, ou à Nicomédie, ou en Toscane, ou même à Rome, entre 235 et 313 (sa Vita dit qu’elle fut mise à mort sous l’empereur Maximin. Il y en eut deux : le règne du premier commence en 235 ; celui du second s’achève en 313).
La légende de sainte Barbe est connue depuis le VIIe siècle. Son culte s’est répandu en Occident aux IXe et Xe siècles. Vingt-deux paroisses de Wallonie sont placées sous son patronage.
Elle est représentée avec la palme du martyre et une tour, auxquelles s’ajoute parfois l’épée
qui lui ôta la vie.
On l’invoque contre la foudre et ses ravages, contre la mort subite et l’impénitence finale, c’est-à dire pour la "bonne mort".
Elle est patronne des artificiers, des artilleurs, des carriers, des mineurs, des fondeurs, des pompiers.

Extrait du catalogue de l’exposition Saints et coutumes de l’automne,
Musée en Piconrue, 1997.


Sainte Barbe
El mau sainte Barbe est caractérisé par le gonflement des pieds et des jambes ; il reste un creux lorsqu’on appuie le doigt. A Monstreux, on dit que ce mal était souvent accompagné du mau Sainte-Ernèle (voir le paragraphe consacré à sainte Renelde). C’est surtout à Arquennes, Feluy et environs (pour l’aire prospectée) qu’èl mau sainte Barbe est connu. A Buzet, Obaix et Petit-Roeulx-les–Nivelles, ce mal s’appliquerait surtout aux mains gonflées.
On allait chercher de l’eau à une source appelée yau Sainte-Barbe, une source coulant au chemin Sainte-Barbe à Nivelles. Cette source a disparu lors des travaux effectués sur ce chemin.
Quant au pèlerinage à la chapelle Sainte-Barbe (1678) au Faubourg de Mons, à Nivelles, il a cessé dans les années 50. L’eau n’était pas bue mais versée sur les jambes des malades.
Selon J.Coppens, Dictionnaire aclot, Nivelles, 1955, p.46, on allait prier sainte Barbe pour les plies aux jambes et les maux d’yeux.
Quant aux « maux sainte Barbe » attestés à Fayt–lez-Manage d’où l’on se rend à l’église Sainte-Barbe, au hameau de la Basse-Hestre (El. Legros, Les maladies portant le nom du saint
guérisseur, Enquêtes du Musée de la Vie Wallonne, t.5, 1948, p.87)
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Les maladies portant le nom du saint dans la région du Centre,
par Robert Dascotte.

Collégiale Saint-Vincent, Soignies

Commencé au début du XIe siècle, ce monument est l’expression la plus ancienne du courant roman qui s’est développé dans la partie occidentale de l’actuelle Belgique (aire tournaisienne), sous l’influence de l’architecture du Nord de la France et de la Normandie. Son envergure s’explique par le fait qu’il s’agissait d’un lieu de pèlerinage à saint Vincent, un noble mérovingien du VIIe siècle converti à la vie religieuse, et de l’église d’une importante communauté de chanoines, qui a exercé des droits seigneuriaux sur la cité sonégienne jusqu’à la fin du XVIIIe siècle.
L’édifice en moellons bruts n’a pas été remis en question ni dans sa disposition ni dans ses volumes depuis mille ans. L’essentiel de sa charpente remonte d’ailleurs toujours à l’époque romane. Seules quelques chapelles ou la sacristie se sont ajoutées à la croix latine initiale au cours des siècles.
La décoration a, quant à elle, été largement refaite au XVIIe siècle dans les styles Renaissance (jubé, tourelle eucharistique) et baroque (stalles, lambris sculptés avec bancs, chaire de vérité, autels), offrant une riche parure à une architecture qui tient toute sa force de sa sobriété. Parmi les oeuvres d’art les plus précieuses figurent une émouvante Mise au Tombeau du milieu du XVe siècle et une très belle Vierge allaitant l’Enfant du XIVe siècle