Accueil» ARTour » ARTour 2015 » Maison du Tourisme
ARTour 2015
Maison du Tourisme

revival B / moloch

Denis Mahin et Michaël Matthys 


REVIVAL B

Denis Mahin
Revival B est un atelier protéiforme, une accumulation d’objets qui n’ont d’autres buts que leur propre fonctionnement : ces objets ont perdu leur fonction initiale. Cette installation composée d’un ensemble de pièces, sculptures, peintures et vidéos, se présente comme une machinerie hors de tout contrôle.
Des pièces hybrides, croisements entre des excavatrices CATERPILLAR et des théières BOCH, deviennent les actrices d’une vidéo à la fois fictive et didactique qui présente des processus de fabrication de pièces en terre.

Denis Mahin, détail de l’installation Voir la tasse, 2013.

L’utilisation de l’animation et le montage des séquences révèlent un caractère acheiropoïète aux céramiques.
Tout se construit de manière autonome et fantasmagorique. On bascule de l'"homo faber" vers l'"homo ludens" : le jeux est une tâche sérieuse. L’être humain n’est plus que le spectateur de l’évolution de ses propres machines qui traduisent l’envie (made in China) en folie de Chine.

Denis Mahin. Déesse, vidéographie 2015, 1min 01, détail de l’installation revival B

Dans une des vidéos présentées, Louise HERLEMONT filme Claire LECHIEN (membre fixe de l’Orchestre Philharmonique d’Anvers, section premier violon) jouant un adagio de Dimitri Chostakovitch dans les ruines du site industriel. Une autre petite vidéo nous relate l'obsolescence programmée de la déesse antique du travail. De l’espoir à s’y laisser pendre.
Denis Mahin

moloch

Michaël Matthys
Moloch trace le parcours d’un sujet humain (un dessinateur) dans un immense édifice industriel mécanisé, qui sans cette traversée graphique n’aurait peut-être pu appartenir à aucun temps, et dont la force souveraine tient aux hommes qui, tel un sacrifice chaque jour renouvelé, lui donnent corps en attisant la puissance organique de ses feux. Chaque jour de ce parcours graphique guidé et par les ouvriers et par le travail élaboré de l’aquatinte (Michaël Matthys commence le travail et les visites à Cockerill Sambre en 1997, et le livre est édité par FRMK en 2003), le récit ancestral reprend vie : ces machines-organes affamées et insatiables doivent être nourries en continu. Pourraient-elles être abandonnées ou interrompues dans leur cadence, sans s’éteindre définitivement ? Les hommes pourraient-ils supporter chaque nuit et à tout jamais le poids insoutenable de leur inactivité ? Sacrifice de sujets humains pour une machine aux antres démesurés ; c’est en pénétrant dans ces immensités, et surtout en confrontant la force de son propre travail à celle de ces machines, que Michaël Matthys rend la puissance sauvage du lieu, celle qui lui donne les couleurs pénombres (faites de nuances de gris éclairant des masses d’encres sombres et noires dilatées par des grands éclats de lumière réservés sur ses plaques) d’une jungle industrielle où l’on ne sait plus, de l’homme ou de la nature (industrielle), qui gouverne qui. Le déluge d’images, lui-même issu d’une machine rotative, scandant le silence de l’atelier – Michaël Matthys rythmait lui-même son travail de quatre planches par semaine (ce qui est très soutenu), pendant cinq ans, jusqu’au bouclage de l’ensemble sous forme de livre – établit un étrange parallèle avec les machines immenses et leur danse rituelle industrielle. En tant qu’artiste, explique-t-il, on ne quitte jamais son travail.

Michaël Matthys, Frémok éditions, gravure aquatinte sur cuivre, 2003.

Michaël Matthys a débuté avec ce récit une investigation graphique où les contraintes puissantes guident de réelles échappées qui peuvent même traduire une forme de fluidité cinématographique.
Ainsi, la simplicité apparente de sa déambulation dans les lieux, rendue par des images fouillées, empreintes de la beauté des salles de machines, parallèlement à l’évocation de propos échangés au cours de ses visites, comme des sous-titres au bas d’un grand écran, rend ses images complices des textes qui les accompagnent. Aucune raison narrative n’est donnée à sa présence dans les lieux, et Michaël Matthys n’a jamais cherché à raconter une fiction dont les ouvriers seraient les héros. Ce sont eux qui ont fait le récit. Il s’agit de dévoiler les propos des métallurgistes, tout en y dépeignant son amour pour ces immenses machines. Apparaissent dans le livre, les propos des ouvriers et intendants de cette géante titanesque, et ceux du dessinateur, en contrepoints de planches ponctuées de commentaires semblant anodins, de réflexions triviales saisies au vol, de questions échangées entre ouvriers (les nouvelles réglementations, le suicide d’un des leurs dans un bain de métal en fusion,les conditions de travail…), et de témoignages de la dureté du travail. Au cœur des ténèbres, il sonde le cœur brut de cette société humaine intransigeante, qui côtoie encore les immensités industrielles, dont les revendications ne sont jamais racontées, mais apparaissent avec force sur les planches, de la rencontre de la complexité magnifique des machines et des propos des ouvriers, marquant la fierté et l’attachement sans borne de ces hommes à leur usine. La lumière, symbole de cette force de travail, physique, en lutte avec les rebuts de la matière, se bat alors avec ces immenses plages de pénombre aussi noires que l’encre, écrasée sous sa presse.
Annabelle Dupret

Michaël Matthys, Frémok éditions, gravure aquatinte sur cuivre, 2003..

Maison du Tourisme du Parc des Canaux et Châteaux / La Louvière

La première Maison du peuple de La Louvière a existé dès 1889. Propriété de la famille Pourbaix, la maison est achetée en 1889 par la coopérative du Progrès et transformée en Maison du Peuple et pharmacie. A l’arrière, une salle des fêtes est construite, permettant non seulement les réunions politiques mais aussi des représentations théâtrales, des concerts, etc.
L’état de vétusté de la Maison du Peuple incite, en 1927, Le Progrès à construire un nouveau bâtiment. Le Palais du Peuple est inauguré le 19 août 1929. La vocation du bâtiment est avant tout politique. La grande salle accueille, au moment des grèves comme à l’occasion des échéances électorales, des assemblées nombreuses et d’une grande intensité. Par la suite, l’a.s.b.l. La Rose au Poing assure la gestion de la Maison du Peuple jusqu’en 1993, puis la met en vente. Le bâtiment passe entre les mains d’un particulier, puis de la Générale de Banque, avant d’être acquis par la Ville de La Louvière grâce à la politique fédérale des grandes villes.
A partir de 2003, la Ville procède à d’importants travaux qui remodèlent complètement l’intérieur du bâtiment, qui accueille aujourd’hui la Maison du Tourisme et la Maison des Associations.

Extrait de Jacques Liébin, Michel Host,
Itinéraire de découverte des lieux de mémoires ouvrière, USC La Louvière.

infos pratiques

Maison du Tourisme du Parc des Canaux et Châteaux
place Jules Mansart 21 / 7100 La Louvière
064 26 15 00
Entrée libre
Ouvert du lundi au vendredi de 8h00 à 18h30, les samedis de 9h00 à 12h30 et de 13h30 à 18h00, les dimanches de 9h00 à 12h30 et de 13h30 à 17h00.