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ARTour 2015
Musée de la Mine Robert Pourbaix

NOIRS MIROIRS. Vincent Chenut et Nils Alix-Tabeling

Derrière la surface des choses. Vincent Chenut

La pratique de Vincent Chenut se décline principalement sous trois formes : les papiers soulevés, les installations in situ et les cartes géographiques détournées. Le premier type d’intervention consiste à disséquer le papier dans le sens de l’épaisseur, de manière à ce que la partie supérieure se détache du
support tout en gardant un point d’ancrage. À travers ce passage à la tridimensionnalité, le dessin acquiert un statut différent, presque sculptural. L’artiste choisit alors d’intervenir sur cette nouvelle surface de travail en y ajoutant du pigment, puis en la retournant sur elle-même jusqu’à épuisement de toutes les possibilités. L’usage de la couleur est aléatoire et sert uniquement à marquer les différentes étapes de la transformation du support. Ces diverses manipulations donnent lieu à des résultats formellement très variés, passant d’un minimalisme épuré à des compositions plus denses et plus rythmées. D’autres s’apparentent davantage à des collages d’affiches lacérées, comparables à ceux de Jacques Villeglé.
Cependant, il y a quelque chose de plus physique, voire de presque charnel dans le travail de Vincent Chenut. Tel un chirurgien armé de son scalpel, il détache précautionneusement l’épiderme de la feuille de papier. Les fibres révélées sont autant de muscles et de chair mis à nu. On ne s’étonne pas d’apprendre que l’artiste a réalisé une série d’écorchés qui s’inspire des natures mortes de Jean Siméon Chardin. Aux côtés du lapin, de la grenouille et du poulet, on y retrouve la célèbre raie aux traits anthropomorphes du maître français. Plus pudique et moins ouvertement sexuée que l’originale, elle ne laisse entrevoir que quelques pans rosés sous sa cuirasse. Exposé sur des tables de dissections, l’ensemble avait de quoi évoquer l’atmosphère clinique d’une classe de biologie. Mais contrairement au docteur Tulp de Rembrandt, ce n’est pas à une leçon d’anatomie que nous convie Vincent Chenut, mais bien à une mise à nu des apparences pour révéler ce qui se cache derrière la surface des choses.

La chambre de l’artiste

On l’aura deviné, le support de prédilection de l’artiste est le papier peint. Mais, loin de se contenter d’en dessiner le motif, l’artiste intervient souvent à même les murs. À l’aide de gouges et autres outils coupants, il attaque la surface peinte, l’incise et l’arrache pour produire de véritables décors. Souvent, la représentation redouble le lieu où il s’inscrit, qu’il s’agisse du musée, de la fabrique ou de la chambre. Ces interventions in situ se font généralement à la demande des espaces qui accueillent l’artiste, mais il lui est arrivé de pratiquer cette méthode dans des édifices abandonnés. En véritable archéologue, Vincent Chenut révèle des couches antérieures de vie passées,des strates d’existence. Au sol s’accumulent les résidus de ce travail de déconstruction, qui n’est pas sans évoquer une certaine esthétique de la ruine. Cet aspect romantique se perçoit aussi à travers la récurrence du motif de la chambre, qui est aussi l’atelier de l’artiste. À la fois espace d’intimité et de labeur, la chambre de Vincent Chenut est porteuse d’un autre univers, celui de Vincent Van Gogh. En effet, on reconnaît dans les lignes qui ravinent le mur la touche expressionniste et les perspectives tronquées du peintre hollandais.
Septembre Tiberghien

Vincent Chenut, Ancien atelier de tanneurs de l'hôtel Gorin, 2012,
bois, papier peint, courtesy de l'artiste

Nils Alix-Tabeling

Ce dessin représente une usine de raffinement d’acier en ruine, dans les marais qui entourent la ville de Saint-Nazaire en France. Dans cette image j’essaye de renverser le processus de vieillissement d’un bâtiment, en commençant par reproduire l’usine à l’aide d’un logiciel de modélisation 3D. J’ai donc pu par la suite supprimer les parties détruites du bâtiment et définir mon point de vue.
Ma première impression quand j’ai vu cette usine, qui se tient sur des piliers au-dessus des marécages de Saint-Nazaire, a été celle d’un mirage, d’un renversement où le bâtiment est devenu un hommage au
soleil, similaire visuellement à un temple grec.

J’ai utilisé une texture de bois pour reproduire ces sensations de marbre et de moisissure, et brouiller la perception de l’échelle sur l’image. Le dessin et la texture qui le compose sont en conflit.
J’ai reproduit mon image six fois sur le papier, faisant du dessin un motif.
Mais chacune des six images est différente, la texture de bois est toujours unique même si elle suit des lignes de construction similaires.
Le dessin est en constant mouvement.
Entre geste de la main et impression, le dessin général induit des contradictions dans sa perception.


Nils Alix-Tabeling

Musée de la Mine Robert Pourbaix, Houdeng-Aimeries

Installé en bordure de l’ancienne cité ouvrière, le musée raconte la vie d’un charbonnage prestigieux. La société minière de Houdeng-Bois-du-Luc, née en 1685, contribua largement à la richesse de la région, meublant le paysage des constructions les plus diverses : logement pour les ouvriers et les employés, ateliers et bureaux, écoles, église, laboratoire, hôpital, hospice, salle de fêtes...
Bâtie entre 1838 et 1853, la cité de Bois-du-Luc évoque l’épopée de centaines de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants qui ont usé ou donné de leur vie dans les charbonnages.
La dernière fosse de Bois-du-Luc a fermé en juin 1973. C’est à la détermination des habitants que l’on doit le sauvetage d’une grande partie des bâtiments.
C’est le même dynamisme qui a suscité la création du Musée de la Mine Robert Pourbaix (en mémoire de son fondateur), gardien privilégié de la mémoire ouvrière, riche d’archives et de collections du plus grand intérêt.
La vie des mineurs, leur travail et leurs épreuves, la cité ouvrière, la classe 1900, la maison d’autrefois et la reconstitution d’une galerie de mine, en surface, par le Groupe des Mineurs deBois-du-Luc.


infos pratiques

Musée de la Mine Robert Pourbaix
rue Saint-Patrice 2b / 7110 La Louvière (Houdeng-Aimeries)
32 (0) 64 28 20 00
Adultes : 5 € / seniors : 4,5 € / enfants : 3,5 €
GRATUIT le 1er dimanche du mois !
Ouvert du lundi au vendredi de 9h00 à 12h00 et de 13h00 à 17h00 / les samedis et dimanches de 14h00 à 18h00.