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ARTour 2015
Musée Ianchelevici

Working LiFe

Isaac Cordal / Rohan Graeffly / Babis Kandilaptis / Armand Lestard / Antoine Nessi
Homo faber fait référence à l’homme en tant qu’être susceptible de fabriquer des outils. Mais celui qui "ouvrage" est aussi celui qui peine pour produire des objets consommables et assimilables.
L’idée convenue de l’homme maître de la machine et de son activité productive engendre à rebours celle de l’humain esclave de son labeur.
Working Life évoque la question du travail aujourd’hui dans ce qu’il a d’aliénant pour l’homme. Effondrement économique, délocalisation, compétitivité, performance, le monde du travail vit une période de crise et de mutation. Mal-être profond saisi au bond par Isaac Cordal, Babis Kandilaptis, Armand Lestard, Antoine
Nessi et Rohan Graeffly.
Chacun ausculte le monde du travail. Les artistes dénoncent un univers déshumanisé auquel renvoie le mot Krisis écrit par Babis Kandilaptis en lettres rouges lumineuses sur la façade du musée.
L’exposition ouvre divers champs de réflexion. Armand Lestard envisage la pénibilité du labeur dans les fonderies industrielles et les hauts fourneaux où travaillait son père, ancien métallurgiste du Bassin Lorrain. Antoine Nessi suggère un atelier déserté où les formes productives, outils et mécanismes, se sont pétrifiés.
Dépourvues de leur fonctionnalité première, les machines fantômes devenues sculptures évoquent par analogie la dépossession de l’individu.
Isaac Cordal s’intéresse de près au burn-out. Tragédie du monde moderne, cet effondrement intérieur qui consume l’individu touche les mieux adaptés, ceux qui s’engagent sans compter dans la logique d’un système socio-économique indifférent à leur humanité profonde. Les petites figurines de quelques centimètres de haut, businessmen solitaires et mélancoliques de l’artiste espagnol, prennent la forme d’archétypes de nos sociétés exsangues.
Maladie de l’âme, l’épuisement professionnel gagne également le moyen de production chez Rohan Graeffly. Le plasticien assigne aux outils des malformations ou des maladies propres à l’être humain qui les rendent eux aussi inutilisables.
Non sans humour ni causticité, parfois avec fraîcheur ou poésie, les sculptures, installations, dessins et photographies sélectionnés soulignent la valeur de plus en plus ténue de l’individu dans le monde du travail. L’ensemble dérange peut-être, inquiète sans doute. Il entend avant tout briser le rythme hypnotique de
l’Homo faber contemporain le temps d’une exposition et contribuer à éveiller les consciences sur la place objective et subjective du travail.
Valérie Formery

Isaac Cordal

Le travail d’Isaac Cordal implique la sculpture et la photographie. L’artiste réalise de petites statuettes de ciment qu’il photographie dans des espaces urbains ou qu’il assemble, par dizaines, en des installations souvent impressionnantes. Ce travail conséquent qu’il mène depuis plusieurs années maintenant, sous le titre générique de Cement Eclipses, pose un regard sans concession sur notre société. Ses petits personnages d’une dizaine de centimètres représentent des hommes d’affaires en des positions ou des
situations complètement burlesques. Vêtus de costumes, suspendus à leurs attaché-cases ou à leurs téléphones portables, ces businessmen en perdition semblent courir droit à la catastrophe. Ils se noient, sont pris au piège d’attrape-souris ou marchent, tels des funambules. Juchés dans les interstices des villes : fissure de mur, faille d’un trottoir, flaque d’eau... ou photographiés, minuscules, face à la démesure d’un paysage devenu hostile, ils sont les archétypes d’une époque en crise.

Isaac Cordal, La Louvière, 2015.

Les travaux du plasticien espagnol entrent en parfaite résonance avec la thématique de l’exposition. Ils dépeignent les effets secondaires du progrès qui s’effondre lui-même au rythme des marchés financiers et dénoncent avec un humour mélancolique la misère humaine qu’ils engendrent.
Adepte du street art, l’artiste développe une scénographie du minuscule, poétique et inquiétante, grâce à laquelle il espère en toute humilité pouvoir susciter une prise de conscience collective.

Isaac Cordal, La Louvière, 2015.

Antoine Nessi

Le travail d’Antoine Nessi se concentre autour de la confrontation de deux univers perçus comme antagonistes : celui de l’art et celui de l’industrie.
Cette rencontre se manifeste autour de la machine, instrument à la base de tout processus industriel.
La machine traduit les changements sociétaux dont elle se fait à la fois le témoin et le symbole. Ce qui intéresse plus particulièrement Antoine, c’est le potentiel esthétique de ces machines qu’il s’emploie
à mettre en lumière par des déplacements. Dans sa série de sculptures intitulée Machine Fantôme,
il renverse le statut de ces instruments en les privant de leur fonctionnalité mais aussi en les rendant indépendants de toute finalité.
Pour leur réalisation, il s’est rendu dans une usine de fonte située dans le Nord de la France afin de «recréer» différentes machines. Le mot « création » est à prendre au sens premier puisqu’il privilégie autant le projet que le processus de production dans lequel il est totalement investi.
Le moulage, la fonte, la découpe, le façonnage et même le transport sont autant d’éléments communs aux différentes étapes de production de cette série d’oeuvres que pour celui d’objets manufacturés destinés à la consommation.[...]
Dans la série Les outils morts, l’artiste a recréé des fournitures industrielles en les privant des boutons et éléments nécessaires à leur fonctionnement. Lisses et impeccablement façonnés, ils échappent à toute tentative de manipulation.
[...] Placés sur un établi, les outils morts revêtent l’aspect de monuments commémoratifs.
Si l’intérêt d’Antoine Nessi pour le processus de production industriel ainsi que son usage est évident, la question du commerce et de la consommation est également présente comme le montre l’Usine Moderne. [...] Cette maquette réalisée à l’aide de divers emballages alimentaires est fictive bien qu’elle semble répondre aux exigences de rationalisation et d’organisation que demande ce type d’entreprise. [...]
Antoine Nessi s’attache aussi à traiter la figure de l’ouvrier, élément essentiel à toute production. Dans Portraits d’ouvriers, une série de dessins réalisés au graphite, visages et pièces de machines se confondent. Tel Charlie Chaplin dans Les temps modernes qui, une fois son travail à la chaîne terminé, ne peut s’empêcher de continuer à répéter machinalement les mêmes gestes, les ouvriers se trouvent
contaminés par leur environnement. [...]
On ne peut s’empêcher de voir dans son travail qui privilégie un monde de l’industrie, à la fois drôle et douloureux, des références cinglantes au contexte économique actuel comme dans sa série de sculptures Chômeurs où apparaissent sous la forme de totems, les nouvelles figures tutélaires de notre époque.
S’il parvient à rendre compte de la beauté du monde industriel, il n’en oublie pas d’en relever aussi ses défaillances... mais toujours avec finesse et humour.
Clothilde Morette

Antoine Nessi, Machine fantôme, aluminium, 2012.

Armand Lestard

Pain est une pièce en fonte grise réalisée suivant les techniques appliquées dans la fonderie de Gorcy (Meurthe-et-Moselle, France). En 1960, mon père y travaille d’abord comme ouvrier mouleur puis comme fondeur jusqu’à sa fermeture en 1983.
Sa forme est un galet épais de 60 cm de diamètre couché sur une palette faisant office de socle. Son épaisseur de 13 cm est en légère contre-dépouille.
Sur sa surface rugueuse anthracite est creusé un rectangle de 25 cm par 13 cm et de 25 mm de profondeur.
Celui-ci reçoit un néon qui forme le mot Pain. La barre du « P » et du "N" se prolonge dans une saignée qui débouche sur le pourtour de la rondelle d’acier. Le tube de lumière est une « méta-forme » de la fonte liquide coulant dans la tranchée du plancher du haut fourneau. Il plonge sur le coté le long d’ergots répartis à égale distance sur la périphérie de la forme.

Pain, 2003, dessin, techniques mixtes sur papier. 151 x 121 cm.

Cette sculpture qui pourrait être une pièce mécanique ou un socle de machine-outil crée une boucle, une mise en abîme : la forme recevant le mot évoque la forme qu’elle nomme. De surcroît, "pain" en français devient « douleur » en anglais ; ne dit-on pas : "aller au chagrin" ou "gagner son pain à la sueur de son front" pour parler de la pénibilité au travail.
Dans ma démarche, j’essaie de retrouver le geste de l’ouvrier et d’intégrer celui-ci dans le processus
créatif. Ce cheminement dans la construction d’une œuvre (avec ses errements et ses difficultés techniques)
influe d’autant plus qu’il change la forme finale.
En cela je considère plutôt l’œuvre comme le résultat d’une expérience physique.
Je réalise le dessin, le plan, le modèle en bois (à la manière du modeleur, un ouvrier spécialisé dans les matrices en bois dans l’industrie). La démarche ultime serait de fondre moi-même la pièce…

La sculpture concrétise un grand dessin réalisé quelques années auparavant.
Il est présenté en écho à la sculpture. C’est un peu la genèse de cette pièce. Ces deux œuvres comptent parmi les différents travaux sur la Maison mère*.
Armand Lestard. 2015

Pain, 2008, bois, fonte grise, néon. 80 x 55 x 25 cm.

* La Maison mère est un projet débuté en 1999 à la suite d’une vidéo tournée dans la maison de
mes grands-parents. Après leurs décès, la mise en vente de celle-ci m’a incité à y retourner pour
faire un "inventaire avant liquidation". Là a commencé un travail polymorphe développé autour et
depuis cet objet matriciel. Mon lieu de naissance.


Babis Kandilaptis

Les mots Krisis et Praxis sont récurrents dans le travail de Babis Kandilaptis. "Je suis intéressé par leur
polysémie et par les réseaux de significations qu’ils permettent de tisser. En outre, leurs acceptions sont
tributaires de l’état d’esprit de la personne qui les emploie, de sa culture, de sa corporation, de ses origines
sociales. Que signifient-ils pour un écrivain, un médecin, un économiste ou un politicien ? Le mot
Praxis, en français, désigne l’action au sens strict ; mais, pour un botaniste, par exemple, il se précise et se rapporte aux activités de l’homme susceptibles de modifier le milieu naturel. Krisis a de nombreux synonymes comme "chute", "ébranlement", "rupture" ou "attaque"… Je les choisi aussi parce qu’ils génèrent
une référence au grec moderne qui est ma langue natale. Cela explique que je tiens à conserver un "K" en initiale de Krisis ; de cette façon, il me semble par ailleurs plus intéressant sur le plan phonétique."

Babis Kandilaptis. Krisis, 2014, néon, aluminium, 90 x 300 cm.

L’artiste porte un soin particulier à la forme et à la technique de ses pièces. Conformément à ses stratégies
de détournement poétique des médias de la publicité, il a travaillé, pour son intervention en façade du
Musée Ianchelevici, avec une enseigne en néon et une police script. "Ce choix, souligne Kandilaptis, trouve
son origine en Grèce. Les faire-parts de mariage ou de baptême y sont en général écrits dans ce genre de typographie, sur un beau papier. Il s’agit toujours de documents très soignés. C’est une façon de diffuser un événement… mais ici, ce que j’annonce, c’est la crise. Il y a donc une charge ironique induite par la mise en œuvre du mot qui contribue à faire tomber son pathos."
Pierre Henrion, 2015

Krisis, 2013, tirage numérique sur Dibond, 200 x 130 cm

Rohan Graeffly

L’œuvre de Rohan Graeffly est indisciplinée et imprévisible. Il jongle entre peinture, photographie, sculpture, vidéo et installation. Il expérimente, construit et déconstruit ce qui l’entoure et ce qui le nourrit. Ses oeuvres, souvent présentées par séries, naissent par associations d’idées, d’objets, de textes et d’images. Parce qu’il ne s’impose aucune limite, il s’inscrit dans l’héritage des artistes maniant l’ironie, la critique et l’absurde pour développer une oeuvre multiréférentielle. Son travail croise l’esprit iconoclaste de Marcel Duchamp, le surréalisme de René Magritte, le radicalisme de John Heartfied, la malice de Wim Delvoye et l’impertinence d’Andres Serrano ou de Marcel Mariën. À partir du quotidien : ses objets, ses mots, son actualité, ses rituels, ses peurs, ses lassitudes et ses traces, l’artiste construit une oeuvre oscillant entre
pessimisme, lucidité et dérision.
Algos est une série d’objets-sculptures, des outils liés au monde du travail que l’artiste a modifié de manière plus ou moins flagrantes. Algos, en grec ancien, signifie "douleur". Les outils sont ainsi affublés
d’un mal physique, qui, habituellement, touche le corps humain. Alors, les truelles se transforment en béquilles, la massette est victime d’une déformation osseuse, une palette de bois souffre d’une cyphose, la bêche, dotée de trois têtes, est au bord du burn-out. L’artiste formule ainsi une réflexion sur les maux des travailleurs. Des maux souvent physiques causés par la répétition de gestes, eux-mêmes induits par l’utilisation d’un outil ; mais aussi des maux psychologiques dus au stress des objectifs et aux multiples pressions. L’outil cause une douleur qui peut se révéler immédiatement ou bien s’installer avec le temps (l’usure du corps et des nerfs). Parce que son "corps" est rendu malade, l’outil devient inutile. Son aura anthropomorphique renvoie au travail de manière générale : ses formes, ses modes, ses conditions, ses injustices. L’artiste précise qu’il s’agit d’un "portrait de nous-mêmes dans l’effort qui nous détruit". Il pointe du doigt le caractère productiviste du travail, dont le résultat prime souvent sur le bien-être des corps.

Julie Crenn

Rohan Graeffly, Osteodystrophia

Atelier Van Lieshout 

L’Atelier Van Lieshout est une coopérative artistique créée en 1995 et dirigée par l’artiste et designer hollandais Joep Van Lieshout (1963). Situés dans la banlieue de Rotterdam (Pays-Bas), les Ateliers regroupent une vingtaine d’artistes, designers, artisans mais aussi financiers et publicitaires. Synergie d’esprits créatifs, ce système dépourvu de hiérarchie produit des concepts novateurs : projets d’architecture et de villes, mobilier, objets utilitaires reformulés mais aussi créations artistiques qui dépassent la fonction esthétique. Leurs travaux reflètent la vision d’un monde en mutation. Elles interrogent le vivre-ensemble, la
place de l’homme dans la société.
La présence de l’Atelier Van Lieshout dans cette exposition consacrée au travail est double. La pièce présentée témoigne de leurs préoccupations pour la reconversion industrielle mais elle illustre surtout un modèle de management transversal opposé à toute hiérarchisation où chacun s’investit au sein d’un travail collectif.
Fétichisation du processus industriel, Pantokrator représente une fraiseuse en résine acrylique surdimensionnée. Son titre évoque le terme religieux pantokrator, issu du grec (littéralement "maître de tout") qui désigne les représentations du Christ en Majesté.
Déification de la machine toute puissante qui engendre d’autres machines, Pantokrator semble pourtant bien fragile. Ses courbes organiques et sa couleur tendre évoquent davantage un jouet inoffensif qu’un terrifiant outil d’asservissement humain et de productivité à outrance.
Avec ses machines curieusement vivantes et vulnérables, l’Atelier dénonce la désindustrialisation graduelle du monde occidental au profit de la délocalisation, là où le travail est moins cher.
Il offre l’image d’une industrie malade devant être sauvée du désintéressement économique.

www.ateliervanlieshout.com


Musée Ianchelevici, La Louvière

Situé au cœur de la ville, le Musée Ianchelevici occupe depuis 1987 le bâtiment de l'ancien palais de Justice de la Ville. Entièrement rénové en 1984 et 2006, ce musée communal présente des surfaces d’exposition réparties en deux étages : les cinq salles du rez-de-chaussée accueillent l’importante collection de sculptures en marbre, en pierre, en bronze et en plâtre ainsi que de nombreux dessins de l'artiste Ianchelevici ; les vastes salles de l’étage sont elles vouées aux expositions temporaires.
En 2006, des travaux de rénovation ont modifié l'atmosphère des salles de la collection permanente. Les aménagements ont porté sur le changement du revêtement des sols, la mise en couleur des salles, la rénovation des socles, le placement de nouveaux stores d'occultation et la mise en place d'une nouvelle signalétique multilingue.

Le mur, environnement privilégié de l'œuvre
Les salles ont été repensées selon une mise en espace beaucoup plus originale centrée sur la couleur.
Chaque salle déploie une harmonie différente. Plutôt que de vouloir gommer l'architecture, bien visible, voire même contraignante dans le cas de cet ancien bâtiment, la couleur participe ici à l'écriture de l'espace. En chargeant la lumière d'effets chromatiques influencés par la tonalité des murs, un environnement complémentaire de l'œuvre est défini. Celui-ci vient tantôt amplifier la résonance des oeuvres, tantôt recréer symboliquement le contexte qui les a vu naître. 
Au fil des salles, les harmonies jouent tour à tour le contraste ou la continuité chromatique. Ainsi, le vert véronèse appliqué dans la salle des  bronzes rappelle la couleur du vert-de-gris qui oxyde les zones creuses de toutes sculptures en métal. Par ailleurs, ce même vert est la tonalité complémentaire des bronzes à l'alliage dominé par le cuivre.
Dans la salle des tailles directes, ce sont les tonalités de la pierre de France et des veines du marbre rosé qui ont déterminé le choix des harmonies murales : un beige chaud et un grenat profond. Quant à la salle africaine, un mur de couleur chocolat recrée symboliquement les tons terreux et épicés du continent visité par Ianchelevici.

Les socles

La présentation des sculptures a également été repensée en fonction de nouveaux socles. Ceux-ci sont en MDF, panneaux très dense composés de fibres de bois de pin ou de sapin, de couleur noir teinté dans la masse, d'une nuance tirant vers le gris anthracite.
Au même titre que l'éclairage ou la couleur, le socle participe à la construction de l'espace. Il isole l'œuvre du rapport sol/mur et, en replaçant l'objet dans un autre contexte que celui qui l'a vu naître, lui offre son statut d'oeuvre d'art. La hauteur des socles a été revue de manière à donner aux sculptures une position optimale en fonction du regard du spectateur.
Au grès des salles, les socles établissent une ligne graphique homogène. Leur verticalité scande les espaces. Ils offrent des proportions harmonieuses et des textures semblables matérialisées par de petites aspérités, qui, dans le cas du MDF noir, s'apparentent à de la pierre bleue.

informations pratiques

Musée Ianchelevici
place communale 21 / 7100 La Louvière
+ 32 (0) 64 28 25 30 - info@musee.ianchelevici.be
adultes : 3 € / tarif réduit : 2 € / groupes : 1,5 €
GRATUIT le 1er dimanche du mois !
Ouvert du mardi au vendredi de 11h00 à 17h00, les samedis et dimanches de 14h00 à 18h00.