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le programme - SAISON 1
La vecchia vacca
La vecchia vacca

La vecchia vaccaarticle 27, théâtre

mer 16.05 /// 20:00
Le Théâtre /// place Communale /// La Louvière
Des figures de mères encombrantes, perverses et merveilleuses, étouffant un fils qui ne parvient pas à survivre à l’imposant carcan maternel... Prix de la Critique !
Quatre femmes, dépouillées de leur lait, continuent envers et contre tout à dispenser leur trop-plein d’amour. C’est leur seule raison d’exister. Préparant à toute heure le goûter pour leur "veau", elles remplissent tous leurs devoirs de femmes et de mères, enfermées dans leur cuisine depuis la nuit des temps. Le jeune mâle est l’unique objet sur lequel le quatuor projette son inconditionnelle tendresse. Petit roi de la famille, il s’en accommode, si bien qu’il accepte son asexualité, pour continuer à la fois à régner et subir, à être adulé et malmené. Au dehors, il se retrouve incapable de trouver l’amour qui lui manque. Seul lien avec le monde extérieur, il va malgré lui insuffler le désordre dans le cocon familial. Joyeux excès felliniens, poésie pasolinienne, contenu ravageur, une douce folie suspendue sur fond de cuisine italienne.

Conception et mise en scène : Salvatore Calcagno / avec : Chloé de Grom, Lucie Guien, Milie Flamant, Jean-Baptiste Polge, Coline Wauters / lumières : Amélie Gehin / costumes : Adriana Maria Calzetti / accessoires : Sébastien Corbière / maquillage : Edwina Calcagno / dramaturgie : Douglas Grauwels
aide à la scénographie : Christine Grégoire

Impossible de parler de La vecchia vacca sans un petit détour par ma famille, quelque part entre la Sicile et Charleroi. Ma mère et mes tantes sont dans la cuisine, il fait chaud, ça sent la sauce tomate, les melenzane alla parmigiana, l’Italie. De la fenêtre entrouverte les voisins doivent entendre émerger des cris. Rien d’affolant ; elles ne se disputent pas, c’est leur façon à elles de parler. Ma mère et mes tantes ne se reposent jamais. Elles ont toujours quelque chose à faire, quelque chose à nettoyer, quelque chose à cuisiner. On ne peut rien leur reprocher ; elles font tout ce qu’il faut pour être de bonnes femmes, de bonnes mères. Elles ont toujours peur que je meure de faim. Elles s’inquiètent si je ne me ressers pas, si je ne prends pas de dessert, si je quitte la table trop précipitamment. Tout est prétexte à l’affolement, à l’angoisse. La tête pleine de souvenirs, de rêves et de désirs, ce spectacle part de moi, mais ce que j’ai vu, vécu ou ressenti n’est rien d’autre qu’un prétexte choisi pour raconter une belle histoire : une histoire d’amour.

Salvatore Calcagno

Photographie © Michel Boermans