
Il est tout à fait possible de se débrouiller dans la vie avec... trois cents mots. Si, si. Le plus petit dictionnaire en compte... Il faut à peu près dix-sept heures pour une
lecture intégrale du dictionnaire (le Petit Robert, sans les définitions !). La langue française est bel et bien un trésor, mais on l'a découvert... en kit. Adopter un parler châtié, voire emprunté, ou parler moche, c'est vous qui voyez ! A chacun son mode d'emploi, à chacun son usage, à chacun sa langue et ce qu'il en fait ! (Chacun fait ce qu'il veut, avec sa langue !)
Expositions, jeux, conférences, chanson, théâtre, ateliers, etc. Ce parcours, c'est le plongeon dans la déferlante des signes,
la guerre des mots, l'arrêt obligatoire au carrefour des phrasés, l'immersion dans la langue... de l'autre.

Les mots, endimanchés ou en haillons, s'affichent en ville, en galerie, en salle,
en cage pour les plus dangereux (certains se livrent à une véritable
guerre des mots !) dans les arbres, se plantent dans des
parterres de fleurs, sortent des superbes partitions du poète-chanteur
Thomas Fersen, s'accrochent à un petit train pour
passer le mur du son.
Des
lettres d'humour sont suspendues dans le hall du Théâtre, des aphorismes plaqués sur les murs de la rue Toisoul, à l'occasion du
102e anniversaire de la naissance d'Achille Chavée (qui aimait à dire : "
je me de de..."), d'autres savamment dits par de
fines moustaches, et la poésie du Daily-Bul, auquel Jacqueline et André Balthazar consacrent une étonnante exposition :
autour des mots et du daily-bul, s'arrête pour quelques semaines à la Maison du Tourisme.

On croise des
mots de poils et de plumes, avec Claire Kirkpatrick et la complicité d'André Balthazar et on se colle aux
collages d'André Stas, à la Galerie du Drapeau blanc.
Palabracadabra jette un sort aux homophonies, aux dingbats et à la communication visuelle et graphique. Et du tendre "amour" à l’entêtant "zonzonner",
mesmots-nosmots-vosmots s'offrent dans des sacs en papiers, se transfèrent sur des tee-shirts et se murmurent au coin de la rue.
Le "Bon Usaaache" se perd ? Les barbarismes, la langue de bois, le code malmené, le contresens et les liaisons dangereuses sont
colloqués, tous ! La langue est en danger. On va jusqu'à exalter
l'injure, en littérature et en politique, on encourage la
sms attitude et les
mots slamés, on raconte des
histoires à délire debout, on s'initie à la
langue des signes. On adopte sans complexe tous les
mots du monde. On triture les mots, de l'étymologie au détournement (c'est
le sort des mots !). Et le français découvre d'où viennent vraiment ses mots. (
Ses mots viennent d'ailleurs, c'est sûr.) La langue française a besoin d'une bonne
terre happy.

Le
petit d'homme est un être de langage. La Louvière, Ville des Mots ne l'a pas oublié. Le Centre de la Gravure et de l'Image imprimée lui propose une langue...
à créer,
à la lettre. La Bibliothèque provinciale lui offre une
boîte à mots (débordante de jeux : Tabou, cadavre exquis, charades, pendu), une expo pour rire avec les mots (faite de
jeux de mots et de jeux d'objets) et lui enseigne la langue de
cro-magnon (c'est pour jouer !). Enfin, les Ateliers la tête en l'air lui demandent son soutien créatif à la
la société protectrice des amis-mots,
Entre
le savantissime froncophonissime jeu des dictionnaires et la
troisième personne du pluriel, un spectacle consacré aux personnes analphabètes,
Parlez-vous globish ? vous propose une immersion dans les différentes façons de parler, d'écrire, de transformer la langue française.
Après tout ça,
vous prendrez bien un petit dessert ?